À Irouléguy, une poignée de vignerons osent la verticalité, bravent la météo et défendent des parcelles quasi inaccessibles. Focus sur celles et ceux qui maintiennent la flamme des terroirs de montagne les plus méconnus.
Domaine Arretxea : l’exemple de l’altitude en biodynamie
Ana et Thérèse Riouspeyrous incarnent un esprit pionnier depuis les années 1990. Leur domaine, basé à Ispoure, compte parmi les mieux exposés sur les hauteurs. Conversion en biodynamie dès 1998, travail des sols à la main ou au cheval, respect scrupuleux des micro-terroirs : Arretxea est à l’origine de cuvées mythiques issues de parcelles telles que Haitza ou Schistes, qui tutoient les 400 mètres d’altitude (source : LeRouge&leBlanc, domaine-arretxea.com). Les vins rouges conjuguent intensité, tension minérale et une énergie propre aux coteaux d’altitude.
Domaine Brana : l’excellence sur les hauteurs d’Anhaux
Moins connu pour ses vins que pour ses eaux-de-vie, la famille Brana cultive également une dizaine d'hectares de vignes accrochées aux pentes d’Anhaux. Ici, le vignoble atteint parfois 350 mètres, avec des expositions Nord-Est balayées par les brises. Les installations sont modernes mais chaque rang de vigne témoigne d’un héritage paysan résistant. Les blancs en particulier, issus des Manseng, tirent profit du climat montagnard pour offrir des crus éclatants de pureté (voir le site domaine-brana.com et le Guide Bettane+Desseauve, édition 2023).
Domaine Bordaxuria : la révélation d’une viticulture héroïque
C’est le plus jeune de la liste, fondé par Iban et Amélie, enfants du village de Jaxu qui ont repris des parcelles délaissées sur les pentes les plus escarpées du secteur. Ici, jusqu’à 70 % d’inclinaison sur certaines parcelles, vendanges à la main obligatoire, parfois mûrissement exceptionnel sur argiles rouges riches en fer. Bordaxuria explore l’infinie diversité de micro-climats, refusant la facilité des vignobles de plaine. Leurs cuvées séduisent par leur droiture, avec un accent minéral qui signe le caractère de la montagne (cf. RVF, numéros 2019 et 2023).
Domaine Ilarria : la tradition paysanne
Situé aux abords de la route du col d’Ispéguy, Peio Espil, le vigneron d’Ilarria, perpétue la tradition familiale sur l’un des domaines les plus élevés de l’appellation : jusqu’à 350 mètres, sur argilo-calcaires et grès rouges. Travail en bio, gestion minutieuse des rendements, pieds de vignes parfois anciens. Les cuvées rouges en particulier, conjuguent finesse, épices et le charme rustique du Tannat élevé sur hauteurs, tout en laissant toujours une expression authentique du terroir. Le domaine est régulièrement salué par la presse spécialisée pour la tension et la vivacité des blancs, à mettre sur le compte de leur origine d’altitude (voir Guide Hachette 2024).
La cave d’Irouléguy : le collectif solidaire
Dans la galaxie des vignobles de montagne, la cave coopérative d’Irouléguy occupe une place à part. Elle réunit plus de 35 vignerons exploitant souvent de toutes petites parcelles familiales, dont nombre sont perchées sur les hauteurs autour de Saint-Étienne-de-Baïgorry. Le collectif investit dans la recherche de parcelles difficiles, redonne vie à d’anciens terrasses, et défend un esprit d’entraide unique. La diversité des profils permet de signer des assemblages où chaque « voix » de la montagne basque trouve sa place (source : cooperativedirouleguy.com).