D’abord, un peu d’histoire pour situer le décor. Pendant des siècles, la sélection massale a régné en maître dans le Sud-Ouest comme ailleurs : un vigneron repère, dans ses parcelles ou celles de voisins, les ceps les plus vigoureux, productifs et qualitatifs. Il les bouture, et ainsi perpétue un matériel végétal robuste, adapté à son terroir, mais toujours un peu différent d’un pied à l’autre. On récolte alors une mosaïque de diversité génétique. Cette pratique a façonné des profils de vins singuliers comme ceux de Fronton, de Marcillac ou des coteaux du Lot.
Ce n’est qu’au XX siècle, face aux ravages du phylloxéra et à la volonté de mieux contrôler la production, qu’apparaît la sélection clonale : on choisit un pied unique (le "clone"), reconnu pour la pureté de ses traits (rendement, résistance, arôme…), et on le multiplie à grande échelle en pépinière. Résultat : des vignes quasi identiques, une régularité remarquable… mais parfois au prix d’une certaine uniformité.
