Le premier écueil auquel sont confrontés les pionniers du bio et de la biodynamie dans le Sud-Ouest est… la météo ! Ici, on ne parle pas du doux climat méditerranéen, mais d’un environnement où humidité et orages sont parfois la règle, et où les pressions fongiques prédominent. À Gaillac, Bergerac, ou Jurançon, la pluviométrie excède régulièrement les 800 mm par an, soit pratiquement deux fois plus qu’en Languedoc. Source : Météo France
Cette humidité, alliée à des températures fréquemment douces à la sortie de l’hiver et en automne, crée un terrain foisonnant pour l’oïdium, le mildiou et la pourriture grise. Les traitements préventifs autorisés en bio (principalement cuivre, soufre, décoctions végétales) montrent vite leurs limites en cas de pression élevée. L’année 2018, par exemple, a vu jusqu’à 70% de pertes sur certaines parcelles bio, à cause d’un déclenchement explosif du mildiou (source : Vitisphere).
- Mildiou : maladie cryptogamique favorisée par la chaleur et l’humidité, capable de décimer une récolte en quelques jours.
- Oïdium : redouté dès que l’été devient pluvieux. Les applications de soufre doivent être très régulières, et parfois, l’accès entre les rangs devient impossible à cause des sols détrempés.
- Pourriture grise (botrytis) : fatale sur des cépages comme le gros manseng ou le malbec s’il y a alternance pluie-soleil au moment des vendanges.
Face à cette réalité, beaucoup de vignerons compensent par une ultra-vigilance : observation quotidienne, adaptabilité constante, mais aussi acceptation des pertes. Inutile de le cacher, certains en ressortent héroïques, d’autres épuisés ou tentés de repasser en conventionnel sur une partie du domaine.
