La question n’est plus uniquement esthétique ou technique ; c’est un véritable levier écologique, notamment face aux bouleversements climatiques de la dernière décennie. Voyons concrètement comment ces couverts végétaux participent à la régulation climatique locale.
1. Stockage du carbone : les vignes, sentinelles contre le réchauffement
Les plantes, par la photosynthèse, capturent le CO2 atmosphérique pour le transformer en matière organique. Les couverts végétaux agissent comme de véritables puits de carbone. Une étude INRAE menée à Bordeaux estime qu’un sol viticole enherbé de façon permanente stocke en moyenne 1,5 à 2 tonnes de CO2 par hectare et par an (INRAE).
- Augmentation de la matière organique dans le sol, améliorant la fertilité et le stockage de carbone sur le long terme
- Contribution à l’atténuation locale de l’effet de serre
Dans les secteurs de Gaillac, certains viticulteurs pionniers annoncent un accroissement de 25 % de la teneur en matière organique au bout de cinq années d’enherbement bien mené.
2. Rafraîchissement de la parcelle : ombre, évapotranspiration et microclimat
Sous l’effet du réchauffement climatique, des épisodes extrêmes frappent nos vignobles : vagues de chaleur, sécheresses soudaines, coups de soleil sur les raisins… Les couverts végétaux jouent ici un rôle d’amortisseur thermique.
- Effet parasol : une végétation dense réduit la température de surface du sol de 3 à 5 °C par rapport à une terre nue (Ademe)
- Evapotranspiration : les plantes transpirent et, ce faisant, rafraîchissent l’air ambiant, aidant ainsi à tempérer le microclimat de la parcelle
À Madiran, des essais menés avec des radis fourragers ont montré que, durant l’été 2022, la température du sol à 5 cm de profondeur restait constamment inférieure de 2 à 4 °C à celle de la parcelle voisine laissée à nu.
3. Amélioration de la structure du sol, arme contre la sécheresse et les inondations
Le Sud-Ouest connaît des pluies parfois violentes : orages de printemps, crues de l’Adour... Ici, un sol vivant vaut tous les remparts.
- Racines, architectes du sol : les graminées et légumineuses des couverts végétaux forment un maillage racinaire qui permet au sol de mieux absorber puis retenir l’eau de pluie
- Diminution du ruissellement : la couverture végétale réduit de près de 60 % le ruissellement en cas de forte pluie, limitant ainsi l’érosion et le lessivage des éléments nutritifs (Terra Vitis)
- Aération et porosité accrues : des sols mieux structurés résistent mieux à la battance et supportent davantage de stress hydrique l’été
Une anecdote saisissante circule dans les vignobles du Lot : lors des crues soudaines de 2021, des parcelles enherbées ont été les seules à ne pas présenter de coulées de boue, préservant ainsi la vigne et la qualité du raisin.