Il y a encore quelques décennies, la majorité des paysages viticoles du Sud-Ouest se dessinaient avec une rigueur presque militaire : rangs impeccables, sols nus, biodiversité résiduelle. Les exigences de productivité et la phobie des maladies avaient fait presque disparaître nombre d’espèces endémiques – aussi bien animales que végétales. Or, depuis une quinzaine d’années, un virage s’opère. Les vignerons, qu’ils soient du Madiran, de Gaillac, de Fronton ou de Jurançon, redécouvrent la richesse de leur terroir par le prisme du vivant.
Fleurs sauvages, arbres fruitiers ancestraux, moutons d’Ouessant ou poules gasconnes : la réintroduction d’espèces locales est plus qu’une tendance, c’est une révolution douce, enracinée dans le bon sens paysan et dans la science agronomique. Pourquoi ce mouvement prend-il tant d’ampleur ? Quels bénéfices écologiques, économiques mais aussi humains en tirent les vignerons ? Plongée dans les racines et l’avenir de nos vignobles.
